Luzmila Carpio

Luzmila Carpio est une musicienne née en 1949 à Qala Qala, un petit village perché à plus de 3 000 mètres d’altitude en Bolivie.

Toute petite, elle apprend les chants quotidiens de l’Altiplano bolivien, en langue quechua. À 11 ans, elle s’est rendue à Oruro pour chanter pour une émission de radio qui donnait aux enfants la possibilité de prendre le micro tous les dimanches, mais lorsqu’elle a commencé à chanter, le pianiste lui a crié dessus en disant « ¡Esto lo cantan los indios ! ¡Vuelve cuando sepas cantar en castellano ! » (C’est ce que chantent les Indiens ! Reviens quand tu sauras chanter en espagnol !). Carpio s’enfuit du studio en larmes, mais décide qu’elle reviendra le dimanche suivant. C’est l’acte fondateur, déterminant, le jour qui changera tout, disons.

À la fin des années 1980, elle se rend à Paris pour poursuivre son évolution musicale et être prise au sérieux en tant qu’artiste. Selon Sergio Cáceres, ancien ambassadeur de Bolivie auprès de l’UNESCO, « Luzmilla a subi une double discrimination en Bolivie en étant à la fois indigène et femme dans une société très raciste et dominée par les hommes. Elle a créé quelque chose de plus profond que le folklore urbain. Sa musique est un symbole pour les cultures opprimées.  » En 2006, le président Evo Morales a nommé Luzmila Carpio ambassadrice de Bolivie en France, jusqu’en 31 2010.

Sa musique est tout simplement géniale. Imaginez Kate Bush rencontrant la musique des Andes, Yma Sumac en plus étrange… et vous aurez une vague idée. Avec des notes suraiguës, elle imite le chant des oiseaux. Les oiseaux occupent une place centrale dans la vie de Luzmila Carpio… La chanteuse arrive à imiter leurs chants, à communiquer avec eux. Luzmila Carpio leur parle, comme elle parle aux plantes, aux fleurs, aux éléments naturels. Et elle le fait à travers son chant !

← Previous post

Next post →

2 Comments

  1. Cyril Lacaud

    Ce disque est effectivement magnifique !
    Je ne connaissais pas cette anecdote quand elle était enfant.

  2. Benoît

    Merci !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *